Château de Bonaguil : visite de la forteresse du Lot-et-Garonne

Accroché à son éperon calcaire, le Château de Bonaguil domine un vallon boisé comme s’il attendait encore une armée en contrebas. Sauf qu’aujourd’hui, ceux qui montent par la petite route en lacets ne viennent plus

Sophie Martineau

Rédigé par : Aurélien Hamel

Publié le : juillet 15, 2026


Accroché à son éperon calcaire, le Château de Bonaguil domine un vallon boisé comme s’il attendait encore une armée en contrebas. Sauf qu’aujourd’hui, ceux qui montent par la petite route en lacets ne viennent plus avec des béliers mais avec des appareils photos et des chaussures de marche. Entre bastions, barbacane et tours vertigineuses, cette forteresse du Lot-et-Garonne offre une plongée rare dans l’architecture médiévale de la fin du Moyen Âge, celle qui a essayé de résister aux premiers canons avant d’être balayée par la Renaissance. Vous voyez le tableau ? Un château conçu comme une machine de guerre… qui n’a pourtant jamais servi en bataille.

Bonaguil, c’est un peu la maquette grandeur nature que tout passionné de patrimoine rêverait d’avoir sous la main pour expliquer l’évolution des châteaux forts. Le site se trouve à Saint-Front-sur-Lémance, aux portes du Périgord et du Quercy, à deux heures à peine de Bordeaux ou Toulouse. Il cumule plusieurs vies : forteresse remaniée jusqu’au XVIe siècle, résidence raffinée au XVIIIe, « ruine romantique » après la Révolution, puis monument sauvé par la commune de Fumel qui l’achète en 1860. Entre les fougères des fossés, les graffitis anciens sur les murs et les souvenirs de tournages de films, la visite n’a rien d’un parcours figé. On y croise autant des familles venues pour les souterrains que des amateurs d’histoire militaire qui traquent chaque canonnière.

En bref

  • Un cas d’école de forteresse de la fin du Moyen Âge avec barbacane, fossés, moineau et plus d’une centaine de canonnières à observer.
  • Un site de tourisme majeur du Lot-et-Garonne, facile d’accès depuis le Lot, la Dordogne et les grands axes de Nouvelle-Aquitaine.
  • Un château « trop moderne, trop tard » : bâti pour une guerre féodale qui n’existait déjà plus, ce qui en fait une curiosité historique.
  • Une visite modulable : exploration libre, visites guidées, animations médiévales, festival de théâtre estival dans les fossés.
  • Un décor de cinéma et un terrain de jeu pédagogique pour les scolaires, les passionnés d’architecture et les photographes.

Château de Bonaguil et histoire du Lot-et-Garonne : une forteresse hors des cases

Ce qui frappe d’abord, c’est la position du site. Le Château de Bonaguil s’accroche à un éperon calcaire qui domine le confluent de deux petits ruisseaux. La vue est dégagée, les pentes sont raides, tout crie « place forte imprenable ». Et pourtant, paradoxe total, le château ne protège ni grande route, ni ville, ni passage majeur. Pas de pont à contrôler, pas de vallée stratégique. Entre nous, pour un stratège moderne, ce choix d’implantation aurait sans doute fait lever quelques sourcils.

Ce décalage résume assez bien l’ADN du lieu. À l’origine, au XIIIe siècle, il ne s’agit que d’un donjon allongé posé sur le rocher, peut-être édifié par un vassal des seigneurs de Fumel. La première mention officielle date de 1271, dans un inventaire des biens du roi de France. À cette époque, l’Agenais change de mains et Bonaguil se retrouve dans les radars royaux. Les seigneurs locaux prennent assez vite le parti du roi d’Angleterre pendant la guerre de Cent Ans, ce qui n’aide pas à garder le château intact. Il est pris, incendié, abandonné, mais jamais complètement rayé de la carte.

La vraie bascule arrive avec les Roquefeuil. À la fin du XIVe siècle, un mariage bien assorti fait entrer Bonaguil dans cette grande famille languedocienne, et c’est là que l’on commence à parler d’un projet de forteresse au long cours. Au fil des générations, quelques aménagements apparaissent, mais rien de comparable avec ce qui se prépare dans l’ombre pour la fin du XVe siècle. Dans le paysage du Lot-et-Garonne, encore marqué par les anciens affrontements entre France et Angleterre, ce chantier va faire figure de manifeste militaire.

Quand Bérenger de Roquefeuil hérite de Bonaguil en 1483, il ne se contente pas de retaper ce qu’il a. Il reconstruit tout, ou presque, en tenant compte des progrès de l’artillerie. Les murs s’épaississent, les tours deviennent énormes, les fossés se creusent, les accès se multiplient mais se compliquent volontairement. On voit bien là l’obsession de la défense, dans une région pourtant en voie de pacification. Ce n’est pas un hasard si les historiens parlent volontiers d’« aberration » historique pour ce chantier démarré en 1480 environ et achevé vers 1510.

D’ailleurs, au moment même où Bonaguil reçoit ses dernières pierres, les grands seigneurs, eux, investissent déjà dans les châteaux de la Loire, avec fenêtres à meneaux bien ouvertes sur des jardins. Le modèle de la forteresse repliée sur elle-même commence à dater. À Bonaguil, on continue pourtant à empiler les dispositifs défensifs comme si le siège du siècle allait débarquer. Cela donne aujourd’hui un terrain de jeu passionnant pour qui veut comprendre ce tournant entre Moyen Âge et Renaissance.

Dans le contexte du patrimoine français, Bonaguil apparaît donc comme un chaînon rare, presque expérimental. Le site résume à lui seul plusieurs couches de histoire : la guerre de Cent Ans, les tensions féodales tardives, les guerres de Religion, puis le basculement vers une fonction plus résidentielle au XVIIIe siècle. Résultat, pour le visiteur de 2026, la forteresse offre un concentré de plusieurs siècles dans un décor resté étonnamment lisible.

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Architecture médiévale de Bonaguil : labyrinthe de défenses et petit cours de stratégie

Allez, on passe au concret. Si Bonaguil fascine tant les passionnés d’architecture médiévale, ce n’est pas pour sa silhouette de carte postale, mais pour la cohérence de son système défensif. Tout part de ce rocher isolé du plateau par un immense fossé creusé dans la pierre. Ce fossé n’est pas qu’une belle cicatrice dans le paysage, c’est un espace de combat potentiel que les bâtisseurs ont cherché à contrôler mètre par mètre.

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Le premier élément clé, c’est la barbacane. Posée à l’extérieur du grand fossé, elle joue le rôle de sas et de bouclier. Ses murs frôlent les quatre mètres d’épaisseur, sa forme arrondie renvoie les tirs, et surtout, elle concentre un feu croisé de canonnières qui rendent l’approche extrêmement risquée. La porte ne se trouve pas en façade, mais sur un côté, au bout d’un pont qui tourne à angle droit, histoire de compliquer l’usage des béliers. C’est typiquement le genre de détail que l’on peut montrer aux enfants pendant la visite pour leur faire toucher du doigt la notion de « défense en profondeur ».

Derrière cette barbacane, on franchit le grand fossé par deux ponts distincts. L’un mène au cœur de la résidence seigneuriale, l’autre à la basse-cour et aux communs. Les deux se terminent par des travées relevables, autrefois des ponts-levis, aujourd’hui figés en ponts de pierre. Là encore, tout est conçu pour filtrer. Entre les portes multiples, les couloirs étroits et les changements de direction, un assaillant ne progresse jamais à l’aise. Soyons clairs : on est loin de l’entrée monumentale que l’on trouve dans certains châteaux « de représentation ».

Le dispositif le plus étonnant reste toutefois le fameux « moineau ». Il s’agit d’une casemate enfouie au fond du fossé, accessible seulement par une grotte naturelle prolongée en tunnel sous le château. Une fois à l’intérieur, cinq canonnières balayent les parois du fossé à ras du sol. Impossible pour un ennemi de s’y abriter. Ce type de poste de tir, qu’on retrouve plus tard dans les caponnières des forts du XIXe siècle, fait de Bonaguil un laboratoire d’idées militaires en avance sur son temps.

Tout autour de l’enceinte, des boulevards terrassés, appelés aussi fausses-braies, complètent le tableau. Ce sont des remparts bas, renforcés de terre, sur lesquels on pouvait installer une artillerie défensive. Ils amortissent l’impact des boulets et offrent des plateformes solides pour les canons de plus gros calibre. À Bonaguil, ces boulevards dessinent une sorte de collier autour du corps de logis, avec des couloirs voûtés, des couloirs de tir, des escaliers discrets qui relient les niveaux. Pour un passionné de tourisme historique, c’est un casse-tête grandeur nature à décrypter.

En hauteur, les tours assurent l’autre volet de la stratégie. On compte treize tours au total, dont la fameuse Grosse Tour, cylindre massif de plus de quatorze mètres de diamètre et d’environ trente mètres de haut. Ses murs dépassent les quatre mètres d’épaisseur à la base, et elle aligne sept niveaux. Les trois premiers accueillent des postes d’artillerie, les quatre supérieurs se parent de grandes fenêtres à meneaux, preuve qu’on n’a pas totalement oublié le confort et la lumière. Au sommet, un chemin de ronde à mâchicoulis, posé sur des corbeaux très sculptés, domine la vallée.

Le reste du château n’est pas en reste : archères d’origine transformées en fentes de tir pour arquebuses, escaliers à vis permettant de circuler à l’abri, puits de près de cinquante mètres de profondeur creusé dans une faille naturelle, grotte utilisée pour des raisons défensives… Le « plan » peut sembler complexe au premier abord, mais sur place, le cheminement se révèle plutôt fluide. Les panneaux expliquent de manière claire les fonctions de chaque espace, ce qui permet de reconstituer le puzzle sans être spécialiste.

Mon conseil pour une découverte un peu plus poussée : prévoir au moins deux heures, en alternant les points de vue. Monter en haut de la Grosse Tour pour saisir la logique générale, puis redescendre vers le sentier extérieur qui longe le fossé. C’est de là, en contreplongée, que la hauteur des murailles prend tout son sens et que les différents niveaux de défense se répondent. En résumé, Bonaguil n’est pas seulement une belle silhouette médiévale, c’est une leçon de stratégie en pierre.

Préparer sa visite du Château de Bonaguil : itinéraires, durées et astuces

Venons-en au côté pratique, celui qui intéresse vraiment quand on commence à bloquer des dates dans le calendrier. Le Château de Bonaguil se trouve dans la commune de Saint-Front-sur-Lémance, à la frontière du Lot-et-Garonne avec le Lot et la Dordogne. On y arrive en un peu plus d’une heure depuis Agen, Cahors ou Sarlat, et en environ deux heures depuis Bordeaux ou Toulouse. La route finale est sinueuse mais bien entretenue, avec de jolis points de vue sur le village en contrebas.

Pour la visite, deux options principales. D’abord, la découverte libre, avec un plan détaillé fourni à l’entrée et une signalétique claire dans les différentes parties de la forteresse. C’est l’idéal si l’on veut avancer à son rythme, passer plus de temps dans les souterrains ou grimper deux fois dans la Grosse Tour pour les photos. Comptez au minimum 1 h 30 pour un tour « sérieux », facilement 2 h 30 si l’on s’attarde aux détails et aux panoramas.

Ensuite, les visites guidées, qui changent un peu de ton suivant la saison. En été, on trouve souvent des créneaux plus ludiques, pensés pour les familles, avec un focus sur la vie quotidienne au Moyen Âge. Le reste de l’année, les visites peuvent être un peu plus historiques, avec davantage de détails sur l’architecture médiévale et les travaux de Bérenger de Roquefeuil. Dans tous les cas, cela vaut le coup de vérifier les horaires sur le site officiel avant de venir, car ils varient selon les périodes de l’année.

Pour s’y retrouver, voici un tableau synthétique qui aide à choisir son format de découverte en fonction de son profil :

Profil de visiteur Durée conseillée Type de visite Points forts à privilégier
Famille avec enfants 2 h Visite libre + ateliers/animations saisonnières Fossés, souterrains, barbacane, panorama depuis la Grosse Tour
Amateur d’histoire 2 h 30 Visite guidée + temps libre Moineau, fausses-braies, canonnières, puits et grotte
Photographe 1 h 30 à 2 h Visite libre en fin de journée Tour extérieure du fossé, terrasses, lumière rasante sur les murs
Groupe scolaire 1 h 30 Parcours pédagogique encadré Lecture du paysage, organisation d’une forteresse, vie quotidienne

Question rythme, mieux vaut arriver le matin dès l’ouverture en haute saison, pour limiter la fréquentation sur les escaliers étroits et profiter d’une lumière plus douce. Les après-midis d’août peuvent devenir un peu denses, surtout les jours d’animations médiévales. Hors vacances, la fréquentation reste raisonnable, et l’on peut quasiment se retrouver seul dans certains recoins de la forteresse, ce qui change l’ambiance.

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Petit aparté pour ceux qui organisent un séjour plus large dans le Sud-Ouest : Bonaguil s’intègre très bien dans une boucle entre Périgord noir, vallée du Lot et bastides du Lot-et-Garonne. Il peut faire écho, par exemple, à d’autres fortifications comme le château de Pirou en Normandie, si l’on aime comparer les systèmes défensifs selon les régions. On peut aussi combiner cette visite avec des villages classés du Lot ou du Périgord, en s’appuyant sur des ressources comme ce guide sur le tourisme dans les plus beaux villages du Lot.

Au niveau pratique, prévoyez de bonnes chaussures fermées. Les marches sont parfois irrégulières, les sols glissants par temps humide, et certains passages exigent un peu de vigilance avec de jeunes enfants. Les poussettes ne vont pas très loin dans la forteresse, mieux vaut donc miser sur un porte-bébé si besoin. Pour le reste, le village en contrebas et les alentours proposent quelques restaurants et terrasses pour prolonger la journée sans rester le ventre vide.

Une forteresse entre guerre et art de vivre : du Moyen Âge aux salons du XVIIIe siècle

Quand on parle d’une forteresse aussi massive, on imagine vite un quotidien rude, rythmé par la surveillance des remparts et le bruit des armes. Pourtant, la histoire de Bonaguil ne se réduit pas à la guerre, loin de là. Le château n’a d’ailleurs jamais subi de siège en règle. Il a bien été pris et malmené pendant les guerres de Religion, mais jamais mis à l’épreuve comme l’avaient prévu ses concepteurs. C’est même l’un des paradoxes du lieu : pensé comme une machine de guerre, il a surtout servi de cadre de vie, puis de décor.

Après la mort de Bérenger de Roquefeuil en 1530, la forteresse entre dans une période plus incertaine. Les héritiers ne possèdent plus la même fortune, les guerres de Religion épuisent les familles, et le château se dégrade. Réparations, abandons, reventes successives, les propriétaires se succèdent sans toujours avoir les moyens ou l’envie d’entretenir ce colosse. Il faut attendre le XVIIIe siècle pour que Bonaguil connaisse une dernière grande transformation.

C’est alors Marguerite de Fumel qui prend les choses en main. Veuve, dotée de moyens, elle choisit de résider régulièrement au château. Elle ne va pas détruire la forteresse, mais l’adapter à ses goûts. La fausse-braie ouest se transforme en vaste terrasse d’agrément, les appartements sud sont réaménagés pour profiter de la meilleure exposition, certaines sections de remparts sont abaissées pour ouvrir des vues sur la vallée. Franchement, difficile de lui donner tort : la lumière, l’air, la perspective sur le village, tout concourt à un art de vivre plus doux.

Les sept ponts-levis d’origine sont alors transformés en ponts fixes, ce qui en dit long sur le changement de mentalité. On ne se prépare plus à lever les ponts au moindre danger, on organise des réceptions. On raconte que des fêtes fastueuses se tenaient alors dans les salles nouvellement aménagées, faisant de Bonaguil non plus un bastion retranché, mais une résidence prestigieuse du patrimoine local. On est ici aux antipodes de l’austérité militaire de Bérenger, et ce contraste se ressent encore dans la pierre.

La Révolution française, en revanche, ne fait pas de cadeaux. Le dernier Fumel propriétaire émigre, le château est vendu comme bien national. Mobiler dispersé, charpentes démontées, toitures arrachées pour récupérer les matériaux, Bonaguil passe en quelques années du statut de résidence à celui de grande carcasse de pierre. Pour autant, les murs tiennent bon. L’épaisseur des tours, l’assise sur le rocher et l’absence de destruction militaire préservent l’essentiel. C’est ce qui permet, au XIXe siècle, d’envisager un sauvetage.

En 1860, la commune de Fumel rachète le site. Deux ans plus tard, Bonaguil figure déjà dans la première grande liste des monuments historiques français. Ce classement précoce n’est pas un détail : il montre à quel point la forteresse impressionne déjà les contemporains, à une époque où l’on redécouvre l’architecture médiévale. Des architectes spécialisés se succèdent pour consolider, restaurer, parfois corriger des restaurations jugées trop « romantiques ». Là encore, les débats ne manquent pas : faut-il laisser les pierres brutes ou remettre des toitures ? Faut-il renforcer le donjon ou préserver les ruines dans leur état ?

À partir du XXe siècle, la page se tourne progressivement vers le tourisme. Les visites s’organisent, un festival estival voit le jour dans les fossés à partir des années 1960, d’abord consacré à la musique, puis au théâtre. Aujourd’hui, un spectacle joué au pied de ces murailles de trente mètres offre une expérience assez unique, surtout au crépuscule. On est très loin d’un simple décor : les gradins temporaires épousent les reliefs du fossé, et la pierre renvoie une acoustique particulière.

Au fil du temps, Bonaguil attire aussi les caméras. Des scènes du film « Le Vieux Fusil » ont été tournées dans ses souterrains, la web-série « The First Musketeer » y a installé plusieurs décors, et plus récemment, une version numérique du château est apparue dans un film d’aventure. Même Lawrence d’Arabie, avant de devenir célèbre, y a passé plus d’un mois comme jeune archéologue, au point d’écrire une étude sur le site. Quand un futur aventurier de légende considère le lieu « trop parfait pour n’être qu’une ruine », c’est que le décor parle de lui-même.

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Au bout du compte, la force de Bonaguil repose sur cette superposition de fonctions. Forteresse théorique, résidence raffinée, ruine romantique, salle de spectacle à ciel ouvert, terrain d’étude pour les archéologues. C’est cette pluralité qui donne envie d’y revenir, à des moments différents de sa vie de voyageur.

Conseils pratiques et idées de combinaisons autour de Bonaguil

Une fois la visite du Château de Bonaguil casée dans l’agenda, reste la question classique : que faire autour pour ne pas passer sa journée à enchaîner voiture et escaliers ? Bonaguil a la chance d’être planté dans un coin de Lot-et-Garonne qui se prête bien aux escapades variées. On peut facilement mêler patrimoine, nature et gastronomie sur deux ou trois jours.

Première piste : le village en contrebas. Sans être un « plus beau village de France » ultra-médiatisé, il mérite clairement une balade. Le sentier qui contourne la colline offre des points de vue remarquables sur la forteresse, surtout en fin d’après-midi. On y trouve aussi quelques boutiques artisanales et des terrasses qui sentent bon la pause après les marches. Pour ceux qui aiment comparer les atmosphères villageoises, des ressources comme ce guide sur les beaux villages français permettent d’organiser une boucle plus large, en mixant Lot, Dordogne et Périgord voisin.

Ensuite, il y a l’option rando tranquille. Les collines boisées autour du site regorgent de chemins balisés. On peut prévoir une boucle de 2 à 3 heures, avec des retours visuels réguliers sur le château. En été, ces promenades en sous-bois sont une bonne manière de se mettre au frais après la chaleur des pierres. Pour les familles, mieux vaut ne pas sous-estimer le dénivelé, mais la plupart des sentiers restent adaptés à des enfants habitués à marcher un peu.

Côté gastronomie, on est dans un coin où le canard, les prunes et les vins du Sud-Ouest tiennent le haut de l’affiche. Sans tomber dans le cliché, une journée qui enchaîne forteresse le matin et table conviviale le midi a quand même une autre allure. Certains restaurants jouent la carte médiévale, d’autres celle du terroir plus classique, avec des menus raisonnables si l’on sort un tout petit peu des adresses les plus visibles. Mon conseil de baroudeur : viser les auberges légèrement excentrées, souvent plus calmes et plus sincères dans l’assiette.

Pour ceux qui aiment tisser des fils entre les régions, Bonaguil peut servir de contrepoint intéressant à d’autres châteaux forts, en Normandie par exemple. Visiter Caen, Gisors ou Pirou, puis descendre à Bonaguil, permet de saisir comment les défenses ont évolué entre littoral et arrière-pays. Des ressources comme les guides consacrés au château de Gisors ou aux châteaux normands facilitent ces comparaisons, même si le terrain reste le meilleur professeur.

Enfin, un mot sur la meilleure période. Bonaguil reste accessible une bonne partie de l’année, mais le ressenti change du tout au tout entre une journée de février et une soirée d’août. Au printemps, la verdure dans les fossés crée un contraste saisissant avec la pierre claire, et les températures sont idéales pour grimper les escaliers sans finir trempé. L’été, la chaleur peut être marquée sur les terrasses, mais les spectacles en plein air et les animations familiales ajoutent une vraie dimension. L’automne, avec ses couleurs et sa lumière basse, est sans doute le moment le plus photogénique.

Si l’on voyage avec des enfants, mieux vaut viser les après-midis d’animations (tir à l’arc, démonstrations de forge, ateliers autour de la vie au Moyen Âge quand ils sont programmés). Pour un couple ou un petit groupe d’amis passionnés d’histoire, les matinées en semaine, hors vacances, offrent une atmosphère plus silencieuse, presque contemplative. Bref, l’astuce consiste à accorder le tempo de la visite au rythme que l’on cherche pour son séjour.

Ce qu’il ne faut pas manquer pendant la visite

Pour ne pas ressortir avec l’impression d’avoir « survolé » la forteresse, mieux vaut garder en tête quelques points de passage essentiels. L’idée n’est pas de cocher une liste à la minute, mais d’éviter de manquer les espaces qui racontent le mieux le château.

  • La Grosse Tour pour sa hauteur, ses salles superposées et la vue sur les vallées.
  • Le moineau et la grotte, si l’accès est ouvert, pour comprendre l’ingéniosité du système défensif bas.
  • Les fausses-braies et leurs couloirs voûtés, parfaits pour saisir la notion de tir rasant.
  • Le puits profond, témoin de l’autonomie en eau de la forteresse.
  • Les graffitis anciens gravés sur certaines pierres, qui donnent une touche très humaine à ce géant de calcaire.

En gardant ces quelques repères en tête, la déambulation prend une autre épaisseur et la visite se transforme en vraie plongée dans la logique de la place forte.

Combien de temps prévoir pour visiter le Château de Bonaguil ?

Pour une découverte complète, il est conseillé de prévoir entre 1 h 30 et 2 h 30 sur place. Les visiteurs pressés peuvent se limiter à un parcours d’1 h 15, mais ceux qui souhaitent explorer les tours, les fossés, les souterrains et profiter des panoramas gagneront à bloquer une demi-journée, surtout en haute saison.

La visite du château est-elle adaptée aux enfants ?

Oui, Bonaguil se prête bien à une sortie en famille. Les enfants apprécient particulièrement les ponts, les fossés, les escaliers et les souterrains. En revanche, les poussettes circulent mal dans la forteresse, et certains escaliers sont raides. Mieux vaut prévoir un porte-bébé pour les plus petits et rester vigilant près des remparts et des hauteurs.

Faut-il choisir une visite guidée ou libre ?

La visite libre convient bien si vous aimez avancer à votre rythme et prendre des photos. Les panneaux informent correctement sur les principales parties du château. La visite guidée apporte un éclairage plus précis sur l’architecture défensive, la vie des seigneurs et les transformations du site. Pour une première découverte et si les horaires collent, combiner visite guidée puis temps libre est un bon compromis.

Le Château de Bonaguil est-il ouvert toute l’année ?

Le château est ouvert une grande partie de l’année, avec des horaires qui varient selon les saisons. La période estivale bénéficie d’amplitudes plus larges et d’animations supplémentaires. Il est conseillé de vérifier les dates exactes et les créneaux sur le site officiel ou auprès de l’office de tourisme de Fumel avant de faire la route.

Quels autres sites visiter autour de Bonaguil ?

Autour du château, on peut facilement découvrir les villages du Lot et du Périgord voisins, organiser des randonnées dans les collines ou programmer la visite d’autres châteaux dans la région. Pour élargir encore le voyage, certains combinent Bonaguil avec des forteresses plus au nord, en Normandie ou en vallée de Seine, en s’appuyant sur des guides dédiés à des sites comme Gisors ou Caen.

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